1er mai 2026 : grève générale — retraites, loi immigration, Gaza : tout lier, tout bloquer
Appel intersyndical + associatif national pour un 1er mai massif. Retraites, loi immigration, Gaza, salaires — pour une fois, tout est lié. À Nantes, départ 10h place du Bouffay.
Pourquoi ce 1er mai ne sera pas comme les autres
Depuis 2019, chaque 1er mai ressemble au précédent : cortège syndical, chants, ballons, discours, dispersion. Un rituel. Une messe.
Ce 1er mai 2026 est différent. Trois raisons :
- La colère accumulée par trois ans de Macron 2 atteint des niveaux inédits. Réforme des retraites validée en force en 2023, lois travail successives, budget d’austérité 2026 qui taille dans les services publics.
- La loi asile-immigration votée le 8 avril cristallise un rejet qui dépasse la gauche habituelle : les associations humanitaires, les médecins, les profs, les prêtres — tout un tissu solidaire bascule dans la désobéissance.
- Gaza. Après 30 mois de génocide documenté, la solidarité internationale se structure enfin. Les universités nantaises sont occupées depuis trois semaines. Le campus de Tertre vit au rythme des AG quotidiennes.
Pour une fois, les luttes convergent. Pour une fois, on arrête de les cloisonner.
L’appel intersyndical
Rédigé le 10 avril et co-signé par un front inédit :
- CGT, Solidaires, FSU, UNEF, Confédération paysanne
- ATTAC, Greenpeace, Ligue des Droits de l’Homme
- Cimade, RESF, Utopia 56, Droit Au Logement
- Collectif Urgence Palestine, AFPS
Les cinq mots d’ordre :
- Retraite à 60 ans pour toutes et tous. Abrogation de la réforme Borne-Macron.
- Augmentation générale des salaires — SMIC à 1 700 € net, indexation sur l’inflation.
- Abrogation de la loi asile-immigration et fin du délit de solidarité.
- Cessez-le-feu immédiat à Gaza, sanctions économiques contre Israël, suspension des livraisons d’armes françaises.
- Arrêt du saccage écologique et social : contre les mégabassines, contre les fermetures d’hôpitaux, contre la privatisation des services publics — y compris chez nous avec Keolis.
À Nantes : ce qu’il faut savoir
Départ : 10h, Place du Bouffay. Parcours annoncé :
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Place du Bouffay → Rue du Château → Rue de la Marne
→ Place Royale → Cours des Cinquante Otages
→ Place du Commerce → Quai de la Fosse
→ Place Mellinet → Préfecture (dispersion)
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Durée estimée : 3 à 4 heures. Plusieurs cortèges internes :
- Cortège syndical de tête : CGT, Solidaires, FSU
- Cortège « Logement, quartiers populaires » : DAL, locataires NMH, collectifs de Bellevue, Malakoff, Clos Toreau
- Cortège « Solidarité sans-papiers » : Sans-Papiers 44, Cimade, RESF
- Cortège « Palestine » : drapeaux, keffiehs, banderoles — prévu en queue de cortège pour maximiser la visibilité
- Cortège étudiant : depuis le campus Tertre, jonction à 11h au Cours des Cinquante Otages
Après-manifestation : AG populaire
À partir de 14h, AG ouverte Place Graslin, co-organisée par les collectifs nantais :
- Retour d’expérience sur la journée
- Coordination des prochaines dates (8 mai, 20 mai, 1er juin)
- Préparation d’un cahier de revendications que nous déposerons à la préfecture le 15 mai
- Possible appel à la grève reconductible dans certains secteurs (cheminots, éducation nationale, hospitaliers)
Se protéger en manifestation — rappel
Le dispositif policier annoncé est exceptionnel : 2 800 agents (CRS, BAC, BRAV-M spécialement déplacée de Paris). Les préfectures ont reçu instruction de « fermeté ». Comme en 2023. Comme à Nantes sous les gaz.
Règles élémentaires :
- Ne pas venir seul·e. Venir en groupe, se repérer un point de rendez-vous en cas de dispersion.
- Sérum physiologique + lunettes pour les gaz lacrymogènes. Un chèche pour se protéger la bouche.
- Téléphone chargé, mais mettre en mode avion si vous craignez un contrôle (les téléphones sont fouillés).
- Numéro d’avocat commis d’office écrit au feutre sur l’avant-bras : 02 40 89 30 00 (Barreau de Nantes, permanence 1er mai).
- Pas d’objets suspects (cutter, laser, pétard). Même un parapluie peut être confisqué.
- En cas d’arrestation : silence absolu, ne répondre à rien sans avocat, demander un médecin si blessé.
Le Bureau des plaintes ouvrira un canal dédié le soir du 1er mai pour recueillir les témoignages de violences policières. Vidéos, photos, récits — tout est utile. On relaie, on consolide, on publie.
Ce qu’on dit à ceux qui hésitent
« Ça ne sert à rien. »
Peut-être. Peut-être pas. Les grandes conquêtes sociales françaises ne sont jamais descendues du ciel. Elles sont arrachées dans la rue, par des gens qui ont décidé que le silence coûtait plus cher que l’engagement.
Les congés payés, la Sécu, la retraite, le droit de grève, l’abolition de la peine de mort — tous arrachés dans la rue. Jamais donnés.
En 2026, le choix est simple : se résigner ou se lever. On ne pourra pas dire qu’on ne savait pas. On ne pourra pas dire qu’on n’a pas eu l’occasion.
Le 1er mai, on est nombreuses. On est en colère. On marche.
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